kronic.gif (985 octets)
Vendée-Vengé
"Citoyens, la République se déshonore en Vendée !"

Les noyades de Nantes
Les noyades de Nantes



La disparition de l’armée vendéenne n’est pas satisfaisante pour la Convention. Elle ordonne l’anéantissement de tous les habitants de la zone insurgée " il vous est ordonné d’incendier toutes les maisons des rebelles, d’en massacrer tous les habitants ". Le département est rebaptisé Vendée-Vengé
. La loi du 1 er octobre 1793 ordonnait l’extermination des " brigands ", hommes, femmes, enfants. Plus tard, les républicains vendéens eux-mêmes eurent à souffrir des exactions de la troupe. Voici ce qu’en dit un républicain, Lequinio: " Le pillage a été porté à son comble . Les militaires, au lieu de songer à ce qu’ils avaient à faire, n’ont pensé qu’à remplir leur sac et à perpétrer une guerre aussi avantageuse à leur intérêt. Beaucoup de simples soldats ont acquis 50.000 Francs et plus . On en a vu couverts de bijoux et faisant dans tous les genres de dépenses d’une prodigalité monstrueuse. L’avidité d’acquérir le butin a mille fois engendré une fatale insouciance dont le résultat a été le massacre des avant-postes, la surprise et la déroute des corps de défense. L’habitude de piller a étendu les effets de cette disposition coupable jusque sur les patriotes et les richesses de ceux-ci sont
devenues mille fois la proie de l’homme envoyé pour les défendre. Les délits ne se sont pas bornés au pillage. Le viol et la barbarie la plus outrée se sont représentées jusque dans tous les coins. On a vu des militaires républicains violer des femmes rebelles sur des pierres amoncelées le long des grandes routes et les fusiller ou les poignarder en sortant de leurs bras.

vengee.jpg (4927 octets)
Voir cette carte en grand (58 Ko))

On en a vu d’autres porter des enfants au bout de la baïonnette ou de la pique et qui avait percé du même coup et la mère et l’enfant. Les rebelles n’ont pas été les seules victimes de la brutalité des soldats. Les filles et les femmes des patriotes ont même été souvent mise en réquisition , c’est le terme. Toutes ces horreurs ont aigri les esprits et grossi le nombre des mécontents, forcés de reconnaître souvent moins de vertu à nos troupes qu’aux brigands, dont plusieurs, il est vrai, on commis des massacres mais dont les chefs ont toujours eu la politique de prêcher les vertus et d’affecter souvent une sorte d’indulgence et de générosité envers nos prisonniers ".

 Illustration de la couverture du livre Vendée-Vengé de Reynald Secher Léquinio évite d’entrer dans le menu des détails: femmes et enfants jetés dans des fours allumés, enfants suspendus aux branches et fendus en deux, comme des carcasses de porcs. Il ne s’agit pas d’une extermination froide, à la mode nazi. Ici, on a pris le temps de torturer avec un raffinement monstrueux. Morel et Carpenty , deux commissaires municipaux finissent pas s'en émouvoir "Citoyens, la République se déshonore en Vendée !" écrivent-ils dans un rapport courageux à la Convention. n'ont-ils pas été eux-mêmes menacés de mort alors qu'ils tentaient de s'interposer pour sauver des civils ?

Dans cette sombre politique d’anéantissement, deux sinistres silhouettes se détachent: celles du Général Turreau et de Carrier, le noyeur de Nantes.

On fusille 2 000 Vendéens, dont moitié des femmes, à Angers; 1 500 à Noirmoutier; 1 800 aux carrières de Gigant, près de Nantes. Carrier fait noyer 4000 personnes en Loire. Ce n'est pas suffisant. Le 19 janvier, Turreau présente à la Convention son plan d'extermination de la Vendée : 24 colonnes vont y pénétrer, avec la consigne de tout brûler et de tout. La Vendée est mise à feu et à sang. Dans une seule journée, le 28 février, la colonne de Cordellier fera, aux Lucs-sur-Boulogne, 563 victimes.

Cependant, tout n'est pas fini. Les survivants, exaspérés, se regroupent derrière deux hardis chefs de bandes : Charette et Stofflet. Les massacreurs sont massacrés à leur tour à Chauché, aux Clouzeaux et ailleurs. La colonne de Crouzat qui, en l'absence de Stofflet, a tué 1 500 personnes, dans la Forêt de Vezins, le 25 mars, est exterminée, trois jours après, aux Ouleries.

Le plan de Turreau a échoué : la Vendée, bien qu'ensanglantée, est encore redoutable. La guérilla est impitoyable. Le bocage s’avère un véritable labyrinthe de chemin creux , les troupes qui s’y aventurent n’en ressortent jamais indemne. Un seul homme bien posté peut faire le coup de feu, tuer à coup sûr sans rien risquer, si ce ne sont des représailles sur les civils. "  L’incroyable Vendée existe toujours"  , écrivent dépités les Représentants en Mission à la Convention.

Le 13 mai 1794, Turreau est destitué. La Convention, qui a besoin de ses troupes aux frontières, évacue la Vendée.

Suite

suite.gif (269 octets)

retkro.gif (974 octets)