L'autoritéTextes sur le pouvoir, tirés du Catéchisme de l’Eglise
Catholique n°1897-1904.
« A la vie en société manqueraient
l'ordre et la fécondité sans la présence d'hommes légitimement, investis de
l'autorité et qui assurent la sauvegarde des institutions et pourvoient, dans
une mesure suffisante au bien commun. »
On appelle « autorité » la
qualité en vertu de laquelle des personnes ou des institutions donnent des lois
et des ordres à des hommes, et attendent une obéissance de leur part.
Toute communauté humaine a
besoin d'une autorité qui la régisse. Celle-ci
trouve son fondement dans la nature humaine. Elle est nécessaire à l'unité
de la Cité. Son rôle consiste à assurer autant que possible le bien commun de la
société.
L'autorité exigée par l'ordre
moral émane de Dieu : « Que tout homme soit soumis aux autorités qui exercent
le pouvoir, car il n’y a d’autorité que par Dieu et celles qui existent sont
établies par Lui. Ainsi celui qui s’oppose à l’autorité se rebelle contre
l'ordre voulu par Dieu, et les rebelles attireront la condamnation sur eux-mêmes
» (Rm 13, 1-2).
Le devoir
d'obéissance impose à tous de rendre à l’autorité les honneurs qui lui sont
dus, et d'entourer de respect et, selon leur mérite, de gratitude et de bienveillance les personnes qui en exercent la
charge.
On trouve sous la plume du Pape
S.Clément de Rome la plus ancienne prière de l'Eglise pour l'autorité politique :
« Accorde-leur, Seigneur, la
santé, la paix, la concorde, la stabilité, pour qu’ils exercent sans heurt la
souveraineté que Tu leur as remise. C’est Toi, Maître ,céleste roi des siècles, qui donnes aux fils
des hommes gloire, honneur et pouvoir sur les choses de la terre. Dirige, Seigneur leur conseil suivant ce qui est
bien, suivant ce qui est agréable à tes yeux, afin qu'en exerçant avec piété,
dans la paix et la mansuétude, le pouvoir que tu leur as donné, ils te trouvent
propice. »
Si l’autorité renvoie a un ordre fixé par Dieu, « la détermination des
régimes politiques comme la détermination de leurs dirigeants, doivent être
laissées à la fibre volonté des citoyens ».
La diversité des régimes politiques est moralement admissible, pourvu
qu'ils concourent au bien légitime de la communauté qui les adopte. Les régimes
dont la nature est contraire à la loi naturelle, à l'ordre public et aux droits
fondamentaux des personnes, ne peuvent réaliser le bien commun des nations
auxquelles ils se sont imposés.
L'autorité ne tire pas d'elle-même sa légitimité morale. Elle ne doit
pas se comporter de manière despotique, mais agir pour le bien commun comme une
«.force morale fondée sur la liberté et le sens de la responsabilités »
La législation humaine
ne revêt le caractère de
loi qu'autant qu’elle se conforme à la juste raison ; d'où il apparaît quelle
tient sa vigueur de la loi éternelle. Dans la mesure où elle s'écarterait de la
raison, il faudrait la déclarer injuste, car elle ne vérifierait pas la notion
de loi ; elle serait plutôt une forme de violence.
L’autorité ne s'exerce légitimement que si elle recherche le bien
commun du groupe considéré et
si, pour l'atteindre, elle emploie des moyens moralement licites. S'il arrive
aux dirigeants d'édicter des lois injustes ou de prendre des mesures contraires
à l'ordre moral, ces dispositions ne sauraient obliger les consciences. « En
pareil cas, l'autorité cesse d'être elle-même et dégénère en oppression »
« Il est préférable que tout pouvoir soit équilibré par d'autres pouvoirs et par d'autres compétences qui le maintiennent dans de justes limites. C'est là le principe de "l'Etat de droit" dans lequel la souveraineté appartient à la loi et non pas aux volontés arbitraires des hommes. »