Cinquantenaire de la mort de Charles Maurras
Il y a cinquante années, au petit matin du 16 novembre 1952, s'éteignait un grand Français : Charles Maurras.
"Nous bâtissons l'arche nouvelle, catholique, classique, hiérarchique,
humaine, où les idées ne seront plus des mots en l'air, ni les institutions des
leurres inconsistants, ni les lois des brigandages, les administrations des
pilleries et des gabegies, où revivra ce qui mérite de revivre, en bas les
républiques, en haut la royauté et, par-delà tous les espaces, la Papauté !
Même si cet optimisme était en défaut et si, comme je ne crois pas tout à fait
absurde de le redouter, si la démocratie était devenue irrésistible, c'est le
mal, c'est la mort qui devaient l'emporter, et qu'elle ait eu pour fonction
historique de fermer l'histoire et de finir le monde, même en ce cas
apocalyptique, il faut que cette arche franco-catholique soit construite et
mise à l'eau face au triomphe du Pire et des pires. Elle attestera, dans la
corruption universelle, une primauté invincible de l'Ordre et du Bien. Ce qu'il
y a de bon et de beau dans l'homme ne se sera pas laissé faire. Cette âme du
bien l'aura emporté, tout de même, à sa manière, et, persistant dans la perte
générale, elle aura fait son salut moral et peut-être l'autre. Je dis
peut-être, parce que je ne fais pas de métaphysique et m'arrête au bord du
mythe tentateur, mais non sans foi dans la vraie colombe, comme au vrai brin
d'olivier, en avant de tous les déluges."
[à Pierre Boutang]
Charles Maurras
Lettres de Prison,
Flammarion, 1958, p.225.
Message de Montgarnaud, 15 novembre 2002.