LETTRE APOCRYPHE
Voici la copie, complètement apocryphe, d'une lettre qui n'était pas dans ma boite ce matin, que je n'ai lue dans aucun journal, ni vue sur aucun écran. Pourtant, comme j'aurais souhaité pouvoir la lire et la relire un matin de 1er janvier , par exemple.
Pour clore, je dirais que si par hasard un document de ce genre était perceptible dans la presse ou ailleurs, j'oublierais mes petites réticences dynastiques et ce serait LUI sans barguigner plus avant.
Que Dieu nous garde Paul.
Chers Français très
aimés,
Si je vous dis chers, c'est qu'effectivement et très profondément, vous
l'êtes, comme le seraient des parents très proches : nous sommes en effet de la
même famille. Je suis des vôtres.
Être des vôtres, c'est d'abord vous entendre , vous comprendre et partager
vos espoirs mais aussi vos craintes. Nous entendons vous et moi à
tout propos, sur les ondes, nous voyons dans les colonnes de tous les journaux
que nos préoccupations principales seraient celles des soucis matériels,
des revenus, des retraites, de notre santé , des épidémies, des danger de
notre alimentation.
Mais je sais pour vous entendre au détour des conversations saisies ici ou là,
des messages insérés dans quelques journaux, comme on glisse un billet sous une
porte ou qu'on jette une bouteille à la mer, des lettres reçues, que vos
craintes sont ailleurs . Elles touchent à vos racines profondes.
Vous vous savez frappés au cœur, dans votre histoire, votre culture,
votre langue, votre mode de vie, votre religion qui sont attaqués par l'image
et le bruit. Ceux d'entre vous qui sont les plus fragiles, vos enfants sont
particulièrement visés car on tente de les rendre comme orphelins.
Cette histoire, cette culture, cette langue, cette religion qui firent surgir
vos cathédrales, sont les racines que l'on coupe et c'est là que naît votre
souffrance .Cette souffrance se lit dans vos yeux lorsque, réunis à quelques
uns, vous avez l'occasion de parler librement, ce qui aujourd'hui n'est pas
sans risques. Je l'ai vue dans vos regards, laissez-moi vous dire que je la
partage.
Cependant, ne croyez pas que notre pire ennemi soit extérieur à nous-mêmes: il
est, hélas, en nous.
Aller
au plus court, au plus facile, au plus confortable, sans faire l'effort
de se poser la simple question de la survie, voilà les chemins que nous
empruntons trop volontiers et depuis trop longtemps, voilà la porte par
laquelle le virus s'infiltre.
Il faut donc retrouver, aujourd'hui enfoui quelque part mais cependant
vivant, le courage, le simple courage de relever la tête et de faire
face pour, ensemble, comme nos pères, les miens et les vôtres, ont
su le faire dans les adversités, pendant plus de dix siècles, pour suivre la
route rude, difficile mais belle, de l'effort.
C'est ce que je vous souhaite, ce que je nous souhaite, le plus ardemment.
Courage!
Signé : Pharamond .
Pour copie maladroite, Paul.

paul.turbier@libertysurf.fr
25.04.01