Le
déclin de la France?Message
de Richard, 17 août 2004.
Ci dessous une analyse de ce qu'est devenu la noblesse au XIXème ... Cette noblesse qui s'est "vendue" à la bourgeoisie issue des révolution n'a pas eu de successeur.. est ce une des cause du déclin de la France? Qui reprendra le flambeau?
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L'aristocratie fascine. Or si la noblesse a connu des heures noires au cours de
la Révolution française elle n'a pas pour autant disparu avec l'Ancien Régime.
Ebranlée mais non détruite par la Révolution, la noblesse se relève et s'allie
au XIX e siècle avec la grande bourgeoisie pour ne former qu'une seule et même
classe dirigeante : la « Haute société ». Portraits de grandes »
familles.
1 - Mutations et alliances de la noblesse
Au déclin du XIX e siècle, les patrimoines commencent à s'amenuiser, conséquence du régime successoral imposé par le Code Napoléon. La noblesse conserve toujours le quasi-monopole d'un certain nombre d'emplois et de fonctions que sont la diplomatie, l'armée et le haut clergé. Sa volonté de durer étant presque instinctive, elle va imaginer des parades pour perdurer. Certaines familles se jettent alors dans l'aventure industrielle comme c'est le cas pour les Solages (mines), les Wendel (métallurgie), les Lubersac et les Saint-Phalle (banque). Parallèlement à cela elles possèdent un atout de poids : un nom historique dont le prestige ouvre les portes des conseils d'administration des plus grandes sociétés. Il en va ainsi pour les Vogüé, Faucigny-Lucinge, Murat, Ganay, Boissieu, etc.
C'est aussi l'époque des alliances entre la vieille aristocratie et les riches
héritières, permettant ainsi à l'aristocratie de tenir et de se maintenir ! En
1828 Joseph-Napoléon Ney, deuxième prince de la Moskova - noblesse d' Empire -
épouse la fille du banquier Lafitte. Il y aura, plus tard, toute une série de
mariages avec des demoiselles juives fortunées dont on trouvera les
descriptions dans les romans de Marcel Proust ou de Guy de Maupassant. Ainsi en
1878, Agénor, onzième duc de Gramont contracte t-il un mariage avec Marguerite
de Rothschild. En 1882 Alexandre, troisième prince et duc de Wagram épouse
Berthe de Rothschild, sour de Marguerite. Viendront aussi les mariages
américains : Boniface, marquis de Castellane et Hélie, cinquième duc de
Tayllerand sont les époux successifs d'Anna Gould, fille d'un propriétaire de
lignes de chemin de fer et de télégraphe aux Etats-Unis alors que Joseph de
Riquet, prince de Chimay et de Caraman s'allie à Clara Ward, fille du « roi »
du cochon, à Détroit. En 1874, Gabriel, huitème duc de Praslin, se marie avec
Elisabeth Forbes, dont la dot s'élève à un million de dollars !! D'autres enfin
choisissent leur femme dans les 200 familles : Pierre de Cossé, douzième duc de
Brissac épousera une Schneider, le prince Amaury de Broglie, une Michelin, le
prince Amédée de Broglie, une Say.
2 - L' âge d'or des dynasties bourgeoises
Au XIX e siècle, la France, jusqu'alors très majoritairement rurale, s'industrialise et s'urbanise donnant naissance à la grande bourgeoisie dont le développement et la puissance d'argent fait de plus en plus contrepoids à l'aristocratie traditionnelle.
En même temps que surgissent des villes champignons, naissent de nouvelles dynasties : les Balsan, les Dollfus, les Gillet, les Masurel, les Motte, les Prouvost et les Tiberghien pour le textile ; les Lebaudy, les Say, les Sommier pour le sucre ; les Bergougnan et les Michelin pour le caoutchouc ; les Germain (fondateurs du Crédit Lyonnais), les Goüin, les Dupont pour la banque ; les Darblay pour le papier ; les Viellard pour la quincaillerie ; les Firmin-Didot, Hachette, Larousse puis Hollier-Larousse, Mame, pour l'imprimerie et l'édition ; les Schneider pour la métallurgie ; les Fabre puis Cyprien-Fabre, pour l'armement maritime, et tant d'autres ! Affranchis dans une large mesure, dès le règne de Louis XVI et de façon plus complète et plus formelle en 1789, des interdits qui pesaient sur eux, les juifs et les protestants se tailleront rapidement, dans cette nouvelle aristocratie, une place importante. Ils étaient, les uns et les autres, rompus au négoce et au maniement de l'argent, seules activités qu'ils eurent permission d'exercer durant des siècles. Ils ont, de la sorte, tout naturellement, fourni l'appareil bancaire et commercial dont avait besoin la jeune industrie. C'est dans ce contexte que percent, plus ou moins tôt, les Rothschild, Pereire, Lazard, David-Weill, Cahen d'Anvers, tous banquiers, les Louis-Dreyfus (commerce de céréales), les Gradis (négoce et armement maritime) ; mais aussi les Hottinguer, Mallet, Mirabaud, Neuflize, tous quatre banquiers, les Vieljeux (négoce et armement maritime). Les protestants sont davantage présents dans l'industrie, avec entre autres les Peugeot (outillage puis cycles et automobiles), les Japy (horlogerie). Pour les juifs il faut citer, à côté des Deutsch de la Meurthe, qui jouèrent un rôle pionnier dans le raffinage du pétrole, les industriels d'un genre particulier que furent et que sont toujours les grands éditeurs Calmann-Lévy.
Tenant à la fois du négoce et de l'industrie, les vins et spiritueux ont
suscité quelques belles dynasties parfois appelées « noblesse du bouchon » :
les Bethmann, Cruze, de Luze, tous trois protestants, les Calvet, Martell puis
Firino-Martell et Hennessy.
3 - Les grandes familles républicaines
Le régime parlementaire a favorisé l'apparition de lignées d'hommes politiques, auxquelles on peut ajouter de rares dynasties de grands commis de l'Etat et quelques familles bourgeoises, plus nombreuses au fil du temps, parvenues à forcer les portes de la diplomatie, longtemps chasse gardée de la noblesse : les Bardoux, Carnot, Casimir-Périer, Charles-Roux, Fould puis Achille-Fould, François-Poncet, Georges-Picot, Jacquin de Margerie (bourgeois malgré leur particule). Souvent les intéressés passent de l'une à l'autre activité.
A mesure que s'écoule le XIX e siècle, les alliances entre l'aristocratie
nobiliaire et l'aristocratie bourgeoise se multiplieront et les deux
aristocraties s'interpénétreront au point de ne former qu'une seule et même «
société » : la haute société ou classe dirigeante.
Si la France avait gardé le régime monarchique, ces familles nouvelles auraient
été anoblies comme cela se produit en Belgique ou en Grande-Bretagne. En
France, certaines familles ont sollicité un décret de changement de nom, afin
de faire précéder leur patronyme du prénom de celui qui avait sorti la famille
de l'anonymat : plusieurs cas ont été cités au cours de cet article. On a
parfois appelé les intéressés les « anoblis de la République » ou « la noblesse
de trait d'union ». D'autres ont demandé un
titre à divers souverains étrangers, au pape généralement.
Depuis le début de ce siècle et même durant les dernières décennies, alors que
d'autres se sont effacées, emportées par les crises et les mutations
économiques, les familles nouvelles ont continué d'atteindre la notoriété ou la
fortune, tels les Vilgrain, Riboud, Servan-Schreiber, Seydoux, Taittinger,
Trigano, de Gaulle (famille bien plus ancienne, mais guère connue jusque-là),
Debré, Joxe, Giscard d'Estaing, Mitterrand, Bouygues, Fabius. Il en sera de
même pour l'avenir.
En effet, n'en déplaise à Jean-Jacques Rousseau, les hommes ne naissent ni égaux
ni bons. Le népotisme est un instinct naturel, et les sociétés ne fonctionnent
et ne durent que tant qu'elles sont fermement tenues en main par ceux qui en
sont les privilégiés.