Nationalisme intégral.
Message
de Jean-Luc d'Albeloy, 15-09-2003.
Chers cyber-chouans,
Nous voici au coeur de la question politique
qui nous a originellement réunis.
Nous voyons tous combien cela était nécessaire
: il y a un examen de conscience à réaliser, exercice des plus improbables pour
qui cultive une légitime aversion envers l'intériorité protestante.
J'ai beaucoup apprécié, à cet égard, la
franchise d'André Clert, qui nous dit se sentir
écartelé et ressentir le besoin de faire le point. Beaucoup d'entre nous le
ressentent aussi ; moi le premier. Or, notre dialogue est à cet égard loin
d'être inutile : en dépit de notre tout petit nombre sur VR, nous sommes assez
nombreux pour représenter un "panel" significatif de l'opinion
royaliste et royalisante. Les réponses des uns et des
autres équivaut presque en cela à un sondage grandeur nature des fameux
"17 % de royalistes" français qu'un sondage de 1987 avait révélé
(sachant qu'eu égard aux lois de la démographie allogène, il faut
malheureusement en retrancher déjà pas mal en 2003).
Paul T. me semble être parvenu au fond des
choses, lorsqu'il expose l'incapacité de la République à sauver l'identité
française, dans la mesure où la République est fondée sur la Révolution, qui a
rompu sans retour avec cette identité française. Car les treize siècles de
monarchie celto-germanique et romano-chrétienne
constituent bien, ne fût-ce que d'un point de vue quantitatif, l'identité de la
France, que treize décennies de République (1) ne peuvent évidemment prétendre
égaler !
C'est particulièrement vrai en matière
religieuse, comme Paul T. le souligne : il y a là quelque chose qui touche à
l'essentiel. (Voyez la "droite" au pouvoir : Pierre Bédier se
déclarant favorable à l'abolition de la loi de 1905 de séparation de l'Eglise
et de l'Etat, mais ...pour pouvoir construire des mosquées d'Etat ! La preuve
que ladite loi n'était ET NE RESTE qu'une mesure anti-catholique.)
C'est également vrai en matière historique :
la France républicaine ne peut pas CONTINUER l'histoire du royaume, en dépit
des réflexions bien connues de Tocqueville ou des illusions de Barrès.
L'héritage est renié, et loin d'être une particularité des Sans-Culottes, c'est
quelque chose de très actuel (beaucoup plus qu'au temps de Mallet
et Issac dont le manuel digérait favorablement une
partie de l'oeuvre de nos rois).
Mais c'est vrai également, de façon moins
nette, en ce qui touche à toutes les institutions de la France charnelle,
c'est-à-dire l'ancienne France : provinces fortes, économie régulée, droit du
travail soumis à des corporations autonomes, droit de la famille centré sur la
conservation du lignage et du domaine (par coutumes au Nord, par voie
testamentaire dans le Midi), reconnaissance institutionnelle du mérite
aristocratique, etc.
La République est constitutivement
anti-religieuse, anti-historique, centralisatrice, uniformatrice
et égalitaire. En France plus encore qu'ailleurs.
C'est pourquoi le durable reniement de
l'identité de la France par la République ne pouvait qu'aboutir à l'actuelle immigration-invasion (Le Lieutenant regrette que de
nouveaux conjurés se focalisent sur ce thème ; moi qui l'évoque ici depuis mon
arrivée au printemps 2000, je ne puis que constater que ce sont surtout les
masses immigrées qui se focalisent toujours davantage sur nous - un enfant sur
trois de couleur chez les moins de cinq ans français...). Ce qu'a dit Jean de
Viguerie sur "les deux patries" (et que Julius Evola
avait dénoncé beaucoup plus tôt en évoquant "les deux visages du
nationalisme" : l'un subversif, l'autre conservateur) est à cet égard
déterminant. Dès 1789, être "patriote", c'est être révolutionnaire,
et la "Nation, c'est un "contrat social", reposant sur les
"droits de l'Homme", et ouvert à tous les "citoyens du
monde". L'émancipation des Noirs, celle des juifs, la présence d'étrangers
chez les députés (Thomas Paine...), tout cela se passe dès les premières années
de la Révolution : le chaos ethno-culturel est au
coeur du programme depuis l'origine.
Maurras avait parfaitement raison : le
"nationalisme intégral", c'est le royalisme, parce qu'à l'inverse, la
République, c'est la négation de l'identité de la France. J'ajouterai,
contrairement à Maurras qui n'a pu dépasser sa germanophobie, que le royalisme
c'est aussi le "nationalisme européen intégral" - ce qui devrait
intéresser nos amis du "Bloc identitaire" - dans la mesure où la
civilisation européenne, c'est d'abord la Chrétienté, famille de monarchies
chrétiennes, au règne protecteur de familles de peuples de race blanche. LA
REPUBLIQUE, C'EST L'ANTI-EUROPE : c'est le "nationalisme" libéral du
"printemps des nationalités", aux chefs anti-cléricaux, souvent
francs-maçons, détruisant les monarchies au XIXe s.; ce sont les Alliés démocrates de 14-18, démembrant les
Empires centraux, pour les remplacer par des républiques - en mettant là encore
bien des maçons à leur tête (Benès, etc.). Comme le dit Yves-Marie
Adeline, "Je suis européen, parce que je suis royaliste" (REQ, p.
48).
C'EST POURQUOI LE COMBAT ROYALISTE, DECLARE
COMME TEL, EST NECESSAIRE. Il ne s'agit pas de livrer le baroud d'honneur d'une
minorité exsangue. Il s'agit de mener un combat "civilisationnel",
non seulement pour la nation française mais pour la civilisation européenne. Au
fond, il s'agit de frayer une voie salvatrice de postmodernité (aspect qui nous
amènerait fort loin).
L'Alliance Royale
est un petit groupe de personnes qui sont parvenues à commencer d'y travailler.
Elle est pauvre, sous-peuplée, et hétéroclite. Mais il faut bien commencer ;
son seul intérêt, mais il est énorme, c'est de VOULOIR commencer.
Tous les profils y sont évidemment
représentés. Il n'a échappé à personne sur VR qu'en ce qui me concerne, je suis
tout à fait favorable aux "200 avions par jour" (superbe chantier
aéronaval en perspective, relance idoine de notre économie, et expulsion
simultanée de ce qui la plombe : que demander de plus ?). Cela ne m'empêche
nullement de travailler avec Pierre Van O., dont je goûte fort l'érudition
philosophique, l'énergie militante et le courage de se présenter aux élections
sous nos couleurs.
L'excellent Denis C. a tout compris : ce qui
nous tue, c'est d'attendre d'être tous d'accord !
Adeline a d'ailleurs une attitude très saine
sur la question, disant souvent que c'est l'un des mérites de l'A.R. de nous
permettre de nous "désintoxiquer les uns les autres" de nos marottes
idéologiques exclusives, pour mieux oeuvrer à une oeuvre de Bien COMMUN.
Saint Thomas d'Aquin,
qui avez vu en la monarchie le meilleur des régimes,
aidez-nous.
J.-L. d'A.
(1) : En vétillant : 1792-1799 ; 1848-1851 ;
1875-1940 ; 1944-2004. 135 ans.